17.11.15

Notre concours


Dernières heures pour s'inscrire à notre concours ! 
Les inscriptions seront closes le 31 décembre à minuit !
Bonne inspiration !
Que les portraits vous inspirent de belles nouvelles !
A bientot !

Meilleurs vœux à tous !



3.9.15

Rentrée



 L'association Plumes d'ici et d'ailleurs 

vous invite à de nouveau  écrire au musée pour  la deuxième édition de son concours. 

Nous avons repoussé le date pour les inscriptions !
Vous avez jusqu'au 31 décembre 2015  et pour envoyer vos textes jusqu'au 31 janvier 2016 !

Belle écriture à tous


 Anne de J.Timmery 2005 collection particulière

La thématique de ce concours le  portrait. Photos, tableaux, sculptures, le choix est vaste, les œuvres devront être exposées dans un musée, une galerie, un centre culturel ou tout autre lieu public.
Nous aurons deux sections en 2016 :
Un concours, réservé aux jeunes auteurs de moins de 25 ans. Récits, poèmes, tous les genres sont autorisés. Des textes courts : pas plus de 4000 signes !
Pour le concours adultes, le thème est identique  : portraitsLes nouvelles ne devront pas excéder 9000 signes, espaces comprises. 

Ce choix fait référence à l'exposition Elisabeth Vigée-Lebrun organisée successivement en septembre au Grand Palais à Paris et début 2016 au musée des beaux arts d'Ottawa. 

Pour plus d'informations cliquez sur notre page Concours écrire au musée !

                                                        A vos plumes ! 

Plumes d'ici et d'ailleurs 


10.8.15

Il est là ...

Notre recueil est là sur ma table. Bravo et merci à tous !


 
 
 
Il est votre réussite ... après des mois de travail, d'écriture, de lecture, de relecture...
 
Il est fait main par un éditeur façonneur ! Un peu moins cher que prévu 18,50 € au lieu de 22 €  mais les frais de port  compensent et nous avions prévus une petite marge pour les envoyer partout dans le monde !
 
 
L'autre bonne nouvelle : la prochaine naissance de notre association " Plumes d'ici et d'ailleurs".
 
 
Et très bientôt, le thème de notre prochain concours  autour de la même thématique "écrire au musée"
entre France et Canada sera annoncé. La nouveauté : un concours réservé aux plus jeunes !
 
C'est encore top secret !
 
 
Passez un bel été et à très très bientôt !
 
 
Votre plume 

29.5.15

Giono, l'écriture de la Provence


Le printemps en Provence
un régal pour les peintres et les écrivains !

Nous vous présentons, grâce à Martine Estrade :

Jean Giono (Manosque30 mars 1895 - « Lou Paraïs » à Manosque9 octobre 1970) est un écrivain et un scénariste français, d'une famille d'origine piémontaise. Un grand nombre de ses ouvrages a pour cadre le monde paysan provençal. Inspirée par son imagination et ses visions de la Grèce antique, son œuvre romanesque dépeint la condition de l'homme dans le monde, face aux questions morales et métaphysiques et possède une portée universelle. La Provence que Giono déploie est une Provence hallucinée: «  ses paysages sont fabriqués de plusieurs matières : des prairies et du papier, des rochers et des songes, des sources vives et des alphabets » ( J-L Caribou).

Sa maison, La  Margotte, achetée en 1942 avec les droits d’adaptation cinématographique
de son oeuvre par un producteur, était cultivée par le fermier de Giono et l’écrivain s’y
rendait par autocar ou à vélo depuis Manosque et ravitaillait grâce à elle une tablée d’une
dizaine de personnes pendant la guerre. Il y séjournait pour écrire et se promener depuis sa
chambre à l’étage  bénéficiant d’une belle vue sur ses terres, les collines proches et les
Grandes Alpes dans le lointain. Mais ce qu’il voyait surtout de sa fenêtre c’était un très beau
chêne (aujourd’hui foudroyé) et un autre qui existe encore en contrebas de la ferme d’une
beauté et d’une ampleur de ramure exceptionnelle. il avait confié à son fermier » Je souhaite
qu’on ne l’abatte jamais même après ma mort ».
Notre jeu d'écriture :
Décrire un paysage en le faisant vivre par les couleurs, les odeurs, les bruits et même les
goûts qu'il suggère.
Martine Estrade
Odile Zeller



19.5.15

Notre quatrième et dernier extrait



Un dernier extrait à lire ... Les livres sont sous presse, encore un peu de patience et nous les aurons en main.

En attendant un extrait de Un peu plus loin à gauche d'Alix Torloi, une nouvelle inspirée par le tableau de Cézanne La route à Auvers-sur-Oise exposé au Musée des Beaux Arts du CanadaBravo Alix!

Ce texte termine nos extraits avec une double référence au Canada et à un peintre français. Nous opérons une vraie plongée dans le tableau...

Nous reprendrons ensuite notre exploration des maisons d'écrivains par celle de Giono en Provence, une introduction à l'été.

Voici l'extrait :

Quelques chaumières, à gauche et au fond. Elles ne datent pas d’aujourd’hui, se dit Julie, puis regarde le cartel. Oui, en effet, 1873-1874! C’est sans doute un petit village de campagne? Il y a un quelques arbres sur la droite, d’autres au lointain, et des touffes d’herbes gorgées d’eau. Les branches n’ont plus de feuilles, mais il fait encore relativement beau. Avec une atmosphère de fin d’automne, un je-ne-sais-quoi un peu plus sombre qui annonce la fin d’après-midi. Et surtout, au centre, ce chemin un peu boueux.
C’est une route de terre qui serpente, avant de dévier vers la gauche après la dernière maison. Mais qu’y a-t-il au bout ? C’est cela qui interpelle Julie, ce qui l’irrite, même. Comme un besoin impérieux de savoir ce qui se trouve au bout du chemin, lorsqu’il oblique. Elle se penche un peu à droite, pour essayer de mieux percevoir, mais la dernière maison bloque décidément la vue. Elle plisse les yeux, se concentre – un sentiment d’urgence la prend, comme s’il y avait quelque chose d’extrêmement important, de vital, à décrypter…C’est l’odeur qui étonne soudain Julie. Une forte odeur de feuilles humides et de bois, mêlée aux senteurs plus riches et grasses de la terre. Une odeur qui prend au nez. Son cœur bat si fort qu’elle le sent palpiter dans sa gorge, et se retourne pour vérifier : mais elle l’avait déjà compris. Elle est dans le tableau, sur la route de terre qui serpente. Elle entend des poules caqueter, vraisemblablement le poulailler d’une maison voisine, et voit ce qu’elle ne distinguait pas avant : la chaumière sur sa gauche se prolonge et il manque quelques tuiles. 



Bonne lecture !
A bientôt !

Odile Zeller








13.5.15

Notre troisième extrait



Bonjour à tous  


Voici le Coup de cœur du Jury !

Le célèbre peintre américain Edward Hopper est pour les ateliers d'écriture une source de proposition d'écriture. La vie nocturne évoquée dans le tableau "Nighthawks" a servi par exemple de déclic au roman "L'arrière saison" de Philippe Besson. La récente rétrospective parisienne a largement contribué à ce nouvel engouement pour son œuvre.

Voici un extrait de la nouvelle "Devant Office at night " de Claude Hiblot. Un dialogue vif et rapide sert de trame à la nouvelle. Je ne vous en dis pas plus et vous en souhaite une bonne lecture en avant première de notre recueil !
[…] t’iras pas chanter partout que les Frenchies ne savent pas recevoir, hein ! Tiens mon gars… camembert affiné, au lait cru, rillettes, saucisson à l’ail, jésus, rosette… et de la vraie, rien à voir avec vot’charcuterie US javellisée. Tu vas te régaler… Dis-voir, pour un cow-boy, tu parles vachement bien. Et sans accent. D’jà venu à Paris ? T’as appris où ? 
— Je n’ai pas appris. Il m’a peint comme ça. Hopper parlait français. À l’atelier, il déclamait du Baudelaire. Avant de sauter du tableau je ne me savais pas bilingue. Il m’a peint à son image. Génial ! Hopper était amoureux de la France et du français... »

A bientôt pour un dernier extrait !

Odile Zeller

7.5.15

Notre deuxième extrait


Notre  deuxième extrait :
Le prix spécial Jeunes décerné à Joanna Blin pour sa nouvelle
Eclats par touches jaunes. L'œuvre évoquée est "La tristesse du roi" d'Henri Matisse exposée au Centre Pompidou.

Joanna nous donne à lire une nouvelle poignante sur le deuil. Merci et bravo Joanna !

Voici l'extrait :



C’est la première fois que j’entre dans un musée. C’est étrange. Bruyant. Tellement coloré. Je me laisse guider. Les tableaux et les sculptures s’enchainent, je ne pensais pas apprécier autant cet amas de lignes et de touches. Je me sens glisser, emportée dans une sorte de rêve. Soudain, le cartel d’un tableau accroche mon regard. Je me tiens face à la toile. J’ai l’impression d’être devant un miroir. Qui me rejette à la figure ma triste réalité. Le roi est triste. Mon père est triste. Il est vêtu de noir. Ses larmes s’échappent et tourbillonnent autour de lui. Il est assis, recroquevillé sur lui-même. Serrant contre sa poitrine les vestiges de la passion de ma mère. Plus jamais elle ne chantera. Ni ne jouera. Ma vie n’est qu’éclats de verre, brisures.

30.4.15

Le premier extrait et une bonne nouvelle !


Le premier extrait et une bonne nouvelle !


Le recueil est prêt à être imprimé ! Il faudra encore plusieurs semaines pour le voir !

Voici un extrait de notre premier prix, Anaël Solat,  avec sa nouvelle : Écouter la couleur.

Le tableau qu'évoque la nouvelle est une œuvre de Mark Rothko intitulée Untitled (Black, Red over Black on Red) exposé au Centre Pompidou. 

Bravo Anaël ! Bonne lecture !



«- Allez Charlotte, on ne va pas y rester des heures, viens, il y en a d’autres à voir! 
- Attends! J’aimerais comprendre. 
- Mais il n’y a rien à comprendre, c’est simplement de la couleur. 
- Je sais, mais j’essaie de ressentir quelque chose en le regardant, je ne sais pas quoi en penser. Tu crois qu’il est beau ou pas? 
- Je ne sais pas, je le trouve plutôt intéressant, mais il ne me touche pas plus que ça, je trouve qu’il manque quelque chose, peut-être une troisième couleur, ou plus de mouvement dans les formes, il est trop figé… mais j’aime la saturation de la peinture, ça lui donne une autre dimension je trouve. 
- Oui mais concrètement, il est beau ou pas? 
- Concrètement? Mais l’art n’a rien de concret, c’est à toi de voir si tu aimes ou pas. 
- Alors je n’aime pas… parce que je ne comprends pas.»



21.4.15

Rencontre avec Nancy Huston

Dans le cadre du Ottawa International Writers Festival, qui commence officiellement demain, on offrait la possibilité de rencontrer  Nancy Huston, de passage au Canada pour recevoir le Prix Metropolis Bleu (voir article) et faire la promotion de son dernier livre Bad Girl. Isabelle Lalbin y était et nous raconte.

Ottawa International Writers Festival
Nancy Huston
La rencontre a lieu au Centre National des Arts d'Ottawa, dans un espace vitré, avec vue sur le foyer. Plusieurs rangées de chaises ont été alignées devant une petite estrade sur laquelle on a placé deux chaises et une table à café éclairées par un spot. On devine tout de suite que la rencontre sera intimiste. D’ailleurs, il n’y pas foule en ce lundi soir pluvieux. Une majorité de femmes d’un certain âge et quelques rares jeunes étudiantes forment un public épars d’au plus 40 personnes.

Nancy Huston est assise au premier rang et attend discrètement qu’on la présente. Une fois à la tribune, elle nous fait la lecture d’un passage de Bad Girl, après avoir présenté succinctement les trois personnages principaux : le père, Kenneth, la mère, Alison, et l’enfant à naître, Dorrit. Puis, elle se lance dans le texte de sa voix chaude et mélodieuse. Une très belle lecture, vivante, vibrante, avec des sonorités différentes suivant les personnages et un ton intimiste qui colle parfaitement au sujet du texte. Il y a de la poésie, de grandes vérités et même de l’humour… En quelques lignes, on est plongés dans ce récit et quand cela finit, on est convaincu qu’on lira la suite.


« Ce qu’il faut comprendre des femmes de cette génération, la première à naître après l’arrivée du suffrage féminin en Amérique du Nord (1920), c’est qu’elles croyaient possible de tout réconcilier. Aujourd’hui, plus personne ne le croit.
   Hélas, tandis qu’on élevait les filles à la fois comme des filles et garçons, on continuait à élever les garçons comme des garçons.»


« Et ce qu’il faut comprendre d’Alison en particulier, c’est qu’elle aimait tout, mais alors vraiment tout, et de tout cœur. Elle aimait jouer du piano et planter des légumes et se maquiller et confectionner des tartes et lire des livres de psychologie et de critique littéraire et assister à des concerts de musique classique et participer à des conversations spirituelles, et sans doute aurait-elle-même raffolé d’être mère et ménagère, si on ne lui avait pas intimé l’ordre de s’en contenter.
   Hélas, elle était en avance sur son temps.»


Puis, la présentatrice, Catherine Voyer-Léger, interview l’écrivaine. En voici les thèmes principaux que j’ai retenu à votre intention, presqu’encore à chaud :

L’utilisation du tutoiement dans ce récit – Nancy Huston préfère le terme de roman à celui d’auto-fiction, bien que plusieurs éléments de sa vie personnelle y soient mis en scène. Ce n’est pas la première fois qu’elle utilise le tutoiement ou le vouvoiement (2e personne) dans ses textes. Cela lui est plus naturel et lui vient certainement de ses premières expériences d’écriture, des lettres à sa mère. Il permet une distanciation de plus, l’écriture étant toujours la première.

L’exil (par choix) : on lui parle souvent de ce thème et cela l’occupe plus maintenant après 40 ans d’exil. Au début de l'exil, on fait tout pour oublier d’où on vient, on apprend tout de la société d’accueil… et puis cela vous rattrape. Revenir à sa langue maternelle lui semble essentiel pour approcher l’émotion, pour toucher. Elle se sent étrangère en France, se reconnait dans cette position et est à l’aise dans la multiplicité et le bilinguisme. Écouter les histoires des autres, agir comme un buvard, cela la nourrit et lui plaît.

Le thème de la famille : on lui demande souvent pourquoi la famille est un de ses thèmes romanesques de prédilection et elle répond toujours : Y en a-t-il d’autres? « Nous ne tombons pas du ciel, mais poussons sur un arbre généalogique », écrit-elle dans Bad Girl. La famille, c’est le lieu de l’apprentissage de l’humain. Les souvenirs d’enfance, même les plus épars sont constitutifs, ce sont les perles d’un rosaire que l’on laisse glisser sous les doigts, encore et encore, explique-t-elle. Elle pense que les aïeuls finissent par avoir plus de poids que notre formation universitaire car l’histoire familiale relève également de l’esprit. Faire des enfants est une profonde leçon de modestie. Ils apportent du positif mais aussi du négatif. Nous avons un soi chromosomique sur lequel se greffent des fictions.

La place de l’animal : la place des animaux dans la vie des hommes change. L’homme se distancie de plus en plus du monde animal. Pourtant, notre partie animale demeure. Nous avons des moments animaux : naissance, puberté, mariage, mort. Il est curieux de constater que ces moments animaux correspondent également aux moments les plus spirituels de nos vies [silence éloquent dans la salle].

Le féminisme : il s’agit aussi d’un thème central chez Nancy Huston, qui répond pourtant s’intéresser plus aujourd’hui à la masculinité. Elle explique : au cours des derniers millénaires, les femmes ont systématiquement choisi les hommes les plus susceptibles de survivre pour en faire les pères de leurs enfants. Ce faisant, elles ont sélectionné la violence, la force, les habiletés de survie avec le résultat qu’on constate dans le monde. On ne peut pas changer ces gènes en quelques centaines d’années et renverser cette situation.

La rencontre s’est terminée par une séance de signatures et un échange personnel avec ceux qui le désiraient. Une très belle et inspirante soirée… qui s’est poursuivie une fois rentrée chez moi dans la lecture de Bad Girl, dont le montage, par brefs chapitres, donne un rythme et un souffle particulier, presqu’animal, à ce récit d’une naissance. Celle de Dorrit mais encore plus bouleversant, celle d’une écrivaine.

17.4.15

Retraite d'écrivains en Islande

Comme promis, voici la version française du récit de Madeleine Brinkmann, qui partage avec nous les quelques jours passés à la Iceland Writers Retreat (IWR) qui s'est tenu du 8 au 12 avril 2015.


* * *

Auteurs présents : Marcello Di Cintio, Adam Gopnik, Barbara Kingsolver, Alison Pick, Ruth Reichl, Taiye Selasi, Sjón, Linn Ullmann, John Vaillant, Alan Warner. A tous un grand ‘MERCI’ pour leurs enseignements!

L’an passé, l’IWR avait constitué pour moi une telle source d’inspiration, d’apprentissages, ce fut un tel plaisir d’y rencontrer auteurs et participants du monde entier et l’événement était si bien organisé, que je n’ai eu d’autre choix que de me réinscrire en 2015! J’admets que pour moi c’est facile, j’habite à cinq minutes de l’hôtel Natura, le QG de l’IWR.

Fondé il y a trois ans par Eliza Reid et Erica Green (directrices fondatrices) au cours de l’une de ces nuits islandaises bien longues et particulièrement sombres, l’événement est destiné aux écrivains (en herbe ou déjà bien établis) pour “apprendre, explorer, écrire et se laisser inspirer”. Cette année, le nombre de participants a dépassé la centaine.

Et l’édition 2015 de la Conférence a tenu ses promesses! Merci à Erica et à Eliza pour leur organisation minutieuse!

Jour 1 : Le lancement

Les directrices fondatrices Eliza Reid et Erica Green (en positions 1 et 3), Madeleine, une participante (2), Tobba, Iceland Travel (4)
Le lancement de l’IWR fut marqué par un dîner de bienvenue. À notre table, Jane d’Australie, Stephen et Leanne de Malte, Zahara, Molly et Jeanine des États Unis et Kit du Canada. Immédiatement, nous sympathisons entre auteurs.

Ensuite, les écrivains invités nous ont fait une lecture de quelques-uns de leurs textes.

Jour 2 : Les ateliers
J’aurais adoré pouvoir participer à tous les ateliers (chacun animé par un auteur de renom) mais seuls cinq d’entre eux nous ont été attribués. Tous étaient apparemment très enrichissants. Je me contenterai de parler de ceux auxquels j’ai assisté.

Alison Pick a animé l’atelier ‘ Le journal intime en tant qu’outil littéraire’


L’auteure nous a encouragés à pratiquer l’écriture quotidiennement dans un journal intime pour y puiser, par la suite, des idées intéressantes issues de notre conscient et notre inconscient.

Exercice :
- Laisser la plume filer librement sur le papier (5-10mn).
- Ensuite, relire en soulignant les passages ou les mots qui vous font ressentir énergie, excitation, crainte ou anxiété.
- Écrire en suivant au plus près le “nerf” de ces passages.
Cet exercice permet de débusquer des sentiments que nous préférons souvent occulter.

Il ne semble pas y avoir de solution miracle pour organiser un journal. Le système de datation fonctionne, ou alors la saisie en ligne, avec un titre.

Linn Ullmann a animé l’atelier “ Choses petites et compliquées”

Après une pause café bienvenue, nous sommes prêts à attaquer l’atelier suivant avec Linn Ullmann.

L’auteure attendait de nous quatre choses :
  1. Nous devons veiller à mettre en œuvre notre créativité sinon celle-ci devient démoniaque et se transforme en excuses à n’en plus finir : la lessive doit être faite, je suis trop fatiguée pour écrire, j’ai besoin d’une tasse de café…
  2. À partir de maintenant, nous devons nous considérer comme des  “conteneurs” d’histoires. Même les plus petites.
  3. Nous devons prendre conscience du moment et de l’endroit où nous écrivons le mieux et l’insérer dans notre planning. Les réseaux sociaux sont la mort de l’écrivain, dit-elle, parce qu’ils nous volent le temps que nous devrions consacrer à écrire!
  4. Nous ne devons pas avoir peur de nous détacher de notre plan/de nos repères lorsque c’est nécessaire.

N’attendez jamais l’inspiration. Écrivez!

Exercice :
De façon générale, exercez une curiosité féroce. Soyez attentifs en tout temps.
- Décrivez ce qui vous est arrivé ce matin avant l’atelier.

Barbara Kingsolver, Un pont entre deux cultures : les sciences comme objet d’écriture créative
Après un délicieux déjeuner, nous avons discuté du rôle des auteurs qui traitent de matières scientifiques. Peu d’auteurs ont à la fois une formation scientifique et littéraire. Néanmoins, il est primordial à notre époque de jeter un pont entre ces compétences, afin de sensibiliser les lecteurs à des sujets tels que le changement climatique et l’environnement.

En tant qu’écrivain, vous avez l’obligation de vérifier tous les faits et d’interroger les spécialistes en la matière. Vous devez à vos lecteurs la vérité scientifique absolue. Et le contrat tacite est bien évidemment de leur faire lire une histoire drôle et intéressante.
Plus tard dans l’après-midi, nous avons assisté à une réception organisée par la ville de Reykjavik à l’Hôtel de ville
Jour 3 : Ateliers et visites

Barbara Kingsolver, Une œuvre chargée de sens : les auteurs de fiction doivent trouver leur thème

Comment charger notre histoire de sens? Quel est le thème du roman? Que va-t-il m’apporter?

Pour l’auteure et la scientifique qu’elle est, il est essentiel de trouver son thème pour pouvoir s’orienter dans l’écriture d’un roman. Elle reconnaîtra le thème à partager avec ses lecteurs lorsqu’elle se sentira animée d’une conviction profonde ou d’une émotion vive (ex. le changement climatique).

Exercice :
- Pensons à un incident (incident dans notre vie ou dans l’actualité).
- Dégageons-en le thème.
L’exercice n’est pas aisé et l’auteure concède qu’elle doit parfois travailler des jours ou des semaines avant de le débusquer. Mais une fois que vous le tenez, il est impressionnant de voir avec quelle facilité les éléments s’y emboîtent.

Le moment vient alors de construire l’architecture de votre roman. Prenez du recul et demandez-vous dans quelle mesure le thème ainsi trouvé est votre conviction, quel sera le personnage qui révèlera la vérité et comment il mènera le roman.

Rappelez-vous qu’écrire un roman, c’est 98% de travail et 2% de magie seulement!

Certains d’entre nous participent ensuite au Jeu de poésie imaginé par Zahara… un grand merci à elle! Quelle création sympathique!

Après un délicieux repas, certains d’entre nous ont participé à une séance de yoga tandis que d’autres assistaient à la suite de leur programme.

Avec Ruth Reich, Repas imaginaires : écrire des mots délicieux

L’atelier commence par un exercice : l’auteure nous distribue un brin de persil et nous devons le décrire (odeur, goût, apparence,…). Quelle grande variété de textes!

L’auteure nous a fait remarquer que l’expérience d’un aliment dans la bouche peut varier très fort d’un individu à l’autre. Il faut essayer de le décrire d’une manière qui soit parlante pour tous, par exemple en faisant un parallèle alléchant avec son apparence. De plus, il faut savoir qu’il est difficile d’écrire à propos des aliments peu familiers dans sa propre culture. Soyez conscient de l’époque à laquelle vous écrivez ; certains plats étaient appréciés au Moyen-âge (ou dans les années 1970) mais ne le sont plus, ou vice versa.

Gardez le lecteur dans votre camp en ne cédant jamais à la condescendance. Si vous devez lui expliquer comment déguster un plat, ayez recours à un personnage fictif.

L’après-midi, certains d’entre nous ont eu droit à une visite guidée de Harpa (nouveau centre de concert et de conférence près du port) par notre guide Ingibjörg Frida Helgisdóttir, chanteuse et étudiante en musicologie qui nous interpréta un air ancien dédié à Agnès Magnusdóttir, la dernière femme décapitée en Islande, vers 1820.


La journée se clôture par une belle réception à la bibliothèque municipale, co-organisée par les Ambassades britannique et canadienne.

Jour 4 : Itinéraire littéraire du Golden Circle pour les participants étrangers
Lors d’une soirée cabaret organisée chez Kex des chansons et textes sont lus par des auteures islandaises célèbres Jónina et Gerdur Kristny.

Jour 5 : Tour de table et questions/réponses avec les auteurs présents

Merci à vous, chers auteurs, pour tous vos conseils!

Quelques photos de participants, de bénévoles et d’un photographe :

 
  

Elisabeth, Madeleine, Jane, Susan et Sarah, Roman et Ramon

13.4.15

Iceland Writers Retreat (2)

[Madeleine Brinkmann continue de nous raconter son expérience de sa retraite littéraire islandaise]


Day 3: Workshops and visits


Barbara Kingsolver, Charged with purpose: theme as starting point for fiction writers
How do we charge our writing with purpose? What is the novel about? How is it going to elevate my life?

Barbara Kingsolver speaks about her need to start writing with a ‘map’ or a theme that shakes her with a deep emotion or conviction. It would be something she would like everyone to think about (e.g. climate change).

Exercise:
We have to think about an incident (e.g. in the news or in our lives) and carve out the theme from it. Of course the exercise is not simple and the author admits that it can take days or weeks to find the theme.  But once you have found it, it is amazing how everything seems to fit in!

Then it is time to build the architecture of your novel.
B.K. then backs up and asks herself why the theme is her conviction, which character is going to convey that truth, and how the character is going to drive the novel.

Never forget that to write is 98% work and 2% magic!

Some of us then participated in the fun Poetry Game imagined by Zahara… Many thanks! What a nice creation!

After an excellent meal some took part in a yoga class while others continued with workshop programs.

Ruth Reichl, Imaginary Meals: Writing Delicious Words
 
The workshop starts with an exercise. We have to write about parsley distributed by Ruth. It was amazing to listen to everyone’s texts about that plant! So many different things came out!

The author underlined the fact that we should never assume the taste of a certain food in other people’s mouth. The experience can be so different to everyone.
Also, be aware that it is difficult to write outside your own culture.
Always be conscious about the time when you are writing; some dishes were popular in the Middle Ages (or in the 1970’s) but are not anymore, or vice versa.
You need to have the reader on your side so never talk down to him or her by explaining how to eat a certain food; you can use another fictitious character for this purpose.

Harpa, Reyjavik Opera and Concert Hall
In the afternoon, I took part in a very interesting guided tour of Harpa (the Opera and Concert hall) by Ingibjörg Frida Helgisdóttir, singer and student in musicology who also treated us with a beautiful old love song about Agnes Magnusdóttir, the last woman to be decapitated in Iceland around 1820.

Finally, we attended a very nice reception at the City Library hosted by the British and the Canadian Embassies.

 
Day 4: Literary-themed Golden Circle tour for the overseas delegates

The participants visited the so-called ‘Golden Circle’ sites.
In the evening, everyone enjoyed a cabaret at Kex, with songs and texts by famous Icelandic authors: Jónina and Gerdur Kristny.
 

Day 5: Roundtable Q&A with all featured writers

Final Roundtable with Featured writers
Thank you, dear writers, for sharing again your advice so generously!
Most participants and authors will head home after that, unless they join the ‘Write and Relax’ prolongation program.

 


Some pics of the participants and volunteers: Elisabeth, Jane, Susan, Sarah and Sarah, Roman and Ramon.

12.4.15

Iceland Writers Retreat (1)


Madeleine Brinkmann, une de nos plumes, nous fait partager son expérience : elle participait à cette retraite littéraire islandaise. Une version en français de cet article sera bientôt disponible.

* * *

ICELAND WRITERS RETREAT, Reykjavik April 8-12 2015

by Madeleine Brinkmann

Featured authors: Marcello Di Cintio, Adam Gopnik, Barbara Kingsolver, Alison Pick, Ruth Reichl, Taiye Selasi, Sjón, Linn Ullmann, John Vaillant, Alan Warner. So many thanks to the authors for their teachings!


I did it again! The 2014 edition of the IWR was so inspirational, I learned so much, and I had so much fun meeting all the authors and participants from all over the world and it was so well organized that I just had to register again. Of course, for me it is easy. I’m a local delegate and I live just five minutes away from Hotel Natura, our ‘headquarters’.

The Retreat came into life three years ago during a long and dark Icelandic night when Eliza Reid and Erica Green, the Founding Directors, met and talked about creating a space for writers and aspiring writers for ‘learning, exploring, writing and getting creative inspiration’. This year the number of participants is over a hundred.

So far, I can tell you one thing: the 2015 edition is keeping its promises! Thank you Eliza and Erica for such a great organization!

Day 1: Getting started

The founding directors, Eliza Reid and Erica Green (positions 1 and 3) Madeleine, a participant (2), Tobba, Iceland Travel (4).
 
 
Everything started with a welcome dinner where I met Jane from Australia, Stephen and Leanne from Malta, Zahara, Molly and Jeanine from the US, and Kit from Canada. We all immediately connected. After the dinner we enjoyed listening to the authors, who read from their own work.

Day 2: The workshops

I would have loved to attend them all. But we were each allotted five. All workshops were apparently fantastic, but I’m going to write about the ones I attended.

A message to our IWR Friends: please feel free to comment on and share what you learned during the other workshops!



 
With Alison Pick: The Journal as a literary tool

Alison Pick, in the middle
We were encouraged to keep a journal and to write in it every day. It’ll be used as a container where we can find interesting material about both our conscious and unconscious thoughts.


The exercise:
Let the pen run freely on the paper (5’-10’).
Then, reread and underline the passages where you feel energy, excitement, fear or anxiety.
Write, following the ‘nerve’ of these underlined moments.
This exercise reveals a lot in terms of feelings which we don’t want to see and which then appear.
There seems to be no best solution for organizing a journal apart from dating the entries or editing them online with a title.



With Linn Ullmann: small and complicated things

Linn Ullmann signing a book

After a welcome coffee break, we are ready to attend our next workshop with Linn Ullmann.

The author had 4 expectations:
  1. We should focus on our creativity and just start to write, otherwise the energy will be used to make excuses : the laundry has to be done, I feel too tired to write, I need another cup of coffee...
  2. We should think of ourselves as bearers of stories. Sometimes they can be the smallest things.
  3. We should be aware of where and when we write, then create the space needed in our schedule! Social media are the death of writing, she says, because they use up so much time!
  4. Don’t be afraid to lose your footing when necessary.
Never wait for inspiration. Just write!

Exercise: In general, practice a fierce curiosity and be attentive at all times.
Tell us about what happened to you this morning.
  
Barbara Kingsolver, Bridging the Two Cultures: Creative writing about scientific matters

After a delicious lunch, we had a great discussion about the role of authors whose topics are science. Actually, few authors combine a scientific background with a literary one. Nevertheless, to bridge that gap between science and literature is very important in our world to raise consciousness in matters such as climate and environment.

As a writer, you have to check all the facts and rely on experts. You owe your readers the absolute scientific truth. And the contract is also to make the reader turn the page, so it has to be fun and interesting.

Later in the afternoon, we attended a reception hosted by the City of Reykjavik at the City Hall.



(To be continued)