26.7.17

Bizarre vous avez dit bizarre

Un homme qui tricote



Le dernier tricoteur que j'ai vu, en vrai, tricotait même en marchant, il avait des tatouages sur les avant bras ...
vous, aussi, avez rencontré certainement un personnage original. Faites le parler. Écrivez si possible ce texte sous forme d'un monologue intérieur.

A vous de jouer

Les plumes

7 commentaires:

  1. Pourquoi elle le regarde comme ça, elle a jamais vu tricoter ? Ah oui un bonhomme qui manipule les aiguilles ! Eh bien oui je tricote, elle veut voir ? Oh une curieuse. Elle a déjà jeté un coup d'oeil à mes chaussons. Oh les couleurs ? Trop voyantes ? Pas assez BCBG mais elle croit quoi ? mes clients aiment. Tiens justement une cliente. Eh voila elle apprécie le confort du fait main. Le massage pour les petits pieds ! Oui la couleur elle s'en fout. Enfin non il faut que chacun reconnaisse les siens ! Voyants donc un plus commercial ! Eh oui la petite dame. Bon je pose les aiguilles, c'est pas tout , faut que je passe le balai. Ah maintenant elle reluque mes tatouages eh bien elle n'en a pas finî. Je vais passer à côté d'elle. Voila un grand sourire bonjour Madame ou bien Hello ! Ah bonjour, décidément les francophones sont vraiment plus coincés que les anglophones ! Elle rougit, que c'est mignon à son âge ! Toutes ces questions pour si peu de choses !
    Odile

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  2. Ah, je suis bien au soleil, ça réchauffe mes vieux os. Ils en ont bien besoin. Bourlinguer ça laisse des traces. Qu'est-ce qu'ils ont à regarder, les zozos, là ? Ils ont l'air fin avec leur touffe à la Tintin qu'aurait perdu Milou ! C'est mes tatouages qui vous intriguent ? Ou bien c'est parce que je tricote? Les tatouages, c'est mon histoire. Ils sont pas là pour faire joli. C'est des souvenirs, des vrais. Ça me rappelle un pays ou quelqu'un que j'ai aimé et que je voulais pas oublier. Les vôtres, vous savez même pas pourquoi vous les faites. On voit de ces horreurs, en été, quand ils se déshabillent. Enfin moi ça me regarde pas, c'est leur affaire. Mais je peux bien vous le dire, vous êtes ridicules !
    Je tricote, oui messieurs, ne vous en déplaise. Et j'y prends du plaisir. Il fallait bien que je m'occupe sur les bateaux, le soir. Les autres jouaient aux cartes et buvaient. C'était pas mon truc. Alors soit je cousais, je fais de ces ourlets, y a pas plus précis, soit je tricotais. C'est ma grand'mère qui m'a appris. Comme j'étais le petit dernier, elle me gardait. Elle m'a aussi appris à cuisiner. Depuis que je suis seul, ça m'est bien utile de savoir faire ma tambouille. Pour en revenir au tricot c'est formidable. Ça détend, ça relaxe. Si tout le monde tricotait y aurait moins de monde chez les psy, c'est moi qui vous le dis. Je fais pas des chefs-d'oeuvre, ça non, je tricote des restes de pelotes, et les couleurs, des fois ça laisse à désirer, mais ça m'occupe. Les chaussettes, j'ai jamais sû faire, trop compliqué. Quatre aiguilles, je m'emmêlais. Mais les cache-nez, j'ai dû en faire des centaines. Ça va tout seul. A chaque retour je faisais des sachets-surprise pour les mômes de la famille. Regardez ce que j'ai fait pour vous ? “Encore des cache-nez !” ils disaient tous. Et bien oui, ça me permettait de penser à eux, les bouts de laine c'étaient les liens qui me rattachaient à la famille. C'est peut-être grâce à eux que j'ai tenu le coup. C'était dur la vie sur les bateaux, fallait trouver quelque chose pour se changer les idées. Et maintenant c'est pareil, ça m'aide. Comme le gamin de ma fille est un peu nerveux, j'ai essayé de lui apprendre à tricoter. Rien voulu savoir. Lui c'est les jeux vidéos. Je les vois, les jeunes, le nez sur leur portable. Ils se parlent plus, ils communiquent que par leur écran. Si ça continue, ils vont naître muets ! Heureusement, je serai plus là. Bon, je vais arrêter de tricoter pour aujourd'hui, il faut garder un peu de travail pour demain. Je vais aller faire ma petite promenade sur le port, pour m'oxygéner. Prendre l'air, tricoter, croyez-moi sur la parole, ya pas mieux pour vieillir en forme ! Janine

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  3. Le grand Professeur
    « Ils me regardent comme si j’étais un être étrange. Je le vois à leur sourire gêné . ils se demandent si c’est vraiment moi le Professeur ou si c’est un canular . je vois bien leur perplexité : un grand professeur ne s’habille pas comme ça.
    Quatre dignitaires de la World Plastical Surgery Association, un indien, un colombien, un américain et un chinois , tous vêtus comme des pingouins costume sombre/cravate un mois de juillet de canicule dans un grand hôpital parisien me regardent comme un être bizarre à cause de ma tenue colorée.

    Je préfère l’adolescent de ma consultation de ce matin à qui je dois réparer le nez après son match de rugby et qui s’est esclaffé « trop cool, le pyjama de clown taille basse ! »Je préfère qu’il soit gai et de bonne humeur pour l’opération. Si je m’habille ainsi c’est que je suis artiste : la chirurgie, la médecine, l’art , les couleurs ça va ensemble , c’est le même flux vital. Mon pantalon impressionniste d’aujourd’hui : vert kaki, jaune bleu marine,,gris , vert sombre,, marron clair, en coton flou délavé, léger à porter et ma chemise style pollock rouge , verte, violette ,bleu marine, noire, blanche.., c’est mon inspiration. Ou que je regarde , je pense différemment en fonction des couleurs qui m’habitent.

    Un jour une collègue m’a dit « es tu sûr que tu n’es pas daltonien ? L’élégance c’est trois couleurs maximum sur une tenue alors peut être que tu ne les vois pas toutes »
    Pourquoi l’élégance n’aurait droit qu’à trois couleurs maximum ? . Mes couleurs ça m’inspire , ça fait contact avec les patients, il y a déjà assez de stress et de conformisme à l’hopital. Comme j’ai fait Normale Sup avant médecine et pas mal de travaux on me prend pour un génie fou et on me laisse tranquille ici mais là je sens que ces quatre officiels étrangers se demandent si je suis bien moi. Pourtant moi c’est eux que je trouve bizarres ! «
    Martine

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  4. Oui, je tiens les aiguilles à ma façon, et alors? C'est tout de même le résultat qui compte, non? Vous voyez une maille plus grosse que l'autre? Non? Et bien voilà! Ah! Les jeunes! Ça croit tout savoir mieux que tout le monde et ça n'a jamais eu un tricot en main! Mais pour donner des commentaires et rigoler, ça s'y connaît! Zut! Une maille qui fout le camp! Restons concentré...

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  5. Un ton tour à fait dans le caractère de la photo et cette concision va très bien. Merci

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