28.7.17

Les couleurs au Canada

Cette œuvre de Tom Thomson le canadien doit vous inspirer. 

Les couleurs, le titre "the pool", la forêt et le lac ! 

Laisser vous guider par l'œuvre de Thomson, peinte en 1915 


Tom Thomson the pool Musée  des beaux arts Ottawa 
Si ce tableau ne vous inspire pas vous en trouverez un autre au Musée. Dans les petits musées, il n'est pas difficile de se trouver une petite place pour écrire. Les chefs d'œuvre sont une source d'inspiration ... la meilleure peut être tellement elle est universelle. 

Bonne inspiration ! 

Les plumes 



7 commentaires:

  1. L’été Indien
    Et il avait voulu repartir, et il était reparti.
    Par sa décision, il avait mis l’Atlantique entre eux. Irrémédiable. Ensuite tout devient impossible. Si l’on ne partage pas le temps qu’il fait, l’heure qu’il est, les couleurs de la forêt, si l’on ne peut pas se représenter simplement ce que regarde l’autre alors c’est une perte , au delà de la mort, au sein même de la vie.
    Elle lui avait dit et redit qu’une absence et une distance pareille, ça ne se surmonte pas. Il avait feint de ne pas écouter, prétendait qu’il tenait au lien, à l’échange au partage entre eux qui en réalité ne communiquaient plus, pris qu’ils étaient dans des univers qui ne se rencontraient pas, y compris dans les fuseaux horaires. Elle s’était plainte de ne pas savoir quelles étaient les couleurs de l’automne, de cet automne qu’on appelle l’été indien, Il y avait même une chanson qui s’appelait comme cela.. Elle avait tenté de le convaincre que l’on ne peut pas vivre une relation dans le virtuel sans sensorialité, sans rien savoir de la vie quotidienne de l’autre, qu’il fallait lui raconter, lui peindre dans les mots. Alors Il ne répondait plus et ne donnait plus de nouvelles. Et puis il revenait, sans prévenir, quelques semaines plus tard, sur son mail . Elle se disait alors que peut être il avait entendu quelque chose, elle se laissait guider , empoisonner par un reste d’espérance., espérance d’être en plusieurs lieux à la fois, de vivre plusieurs vie en une. Un fantasme d’écriture sans doute. Et ça avait duré , Des années . Sur rien d’autre que cette espérance et sans que jamais elle ne connaisse les couleurs qu’il voyait. Alors elle avait renoncé au lien avec lui mais peut être pas au désir de l’écriture….
    Et puis , un jour, lors d’un voyage professionnel de l’autre côté de l’Atlantique, elle s’était rendu au Musée des Beaux arts d’Ottawa pendant une pause et soudain, le tableau, « the Pool » l’avait bouleversée comme une évidence. A lui seul , il contenait toutes les couleurs. Imaginables dans la nature. Toutes celles qu’elle n’avait jamais partagées et ne partagerait jamais avec quiconque étaient apposées sur la toile par petites touches lumineuses autour d’un lac sombre. La forêt s’illuminait en scintillement de rouges, de jaunes, d’ocre, de vert sans que la profondeur sombre du lac et son mystère n’en soit impressionnée, Au contraire, l’étendue d’eau paraissait d’une profondeur abyssale et inaltérable. A travers cette représentation de l’été indien, elle comprit ce qu’elle avait cherché.
    Ce que la réalité ne donnait pas, l’art le rendait au centuple, ce que la vie ne permettait pas de réaliser , l’écriture en déployait des possibilités infinies sans en trahir le mystère. Il y avait mille façons d’entourer et d’éclairer l’abîme en son âme, mélange lui-même de tant de couleurs qu’il en paraissait noir et opaque de lumière propre. De l’art seulement on pouvait attendre, c’était la révélation, vitale, essentielle, à travers le tableau, de ce que signifiait l’été indien.
    Martine

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    1. Joli texte j'aime l'idée et le contexte merci

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    2. Le texte donne à réfléchir sur l'art et son sens.bravo et merci

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  2. Le lac se devine derrière le feuillage des bouleaux. Son eau sombre coule doucement en suivant une légère pente. De petits branchages craquent sous mes pas. J'essaie d'avancer en faisant le moins de bruit possible. Il est la, il poursuit sa tache. Cette fois ci, il ne s'en tirera pas à si bon compte. Oui c'est bien lui, je reconnais sa tête, sa stature solide, son oeil noir. Il semble prêt à fuir. Tout doucement j'arme mon fusil. J'ai préparé mon coup, depuis le temps qu'il sévit ici. Son cadavre ira garnir le fond d'une mare un peu plus loin, lestée de pierres. Il recommence ... il continue, il me provoque... il il .... je m'apprête à appuyer sur la gâchette quand des craquements me surprennent ... quî est la, derrière moi .... il a levé la tête, regarde dans ma direction .... et a sauté dans le lac. " tu avais raison un beau spécimen de castor... c'aurait été dommage de tuer un tel animal, Marcel. Je cause pas de l'amende que je t'aurais fait casquer, hein ... je te comprends, tout ce bois qu'il bûche et qu'il gruge... ça vous fout un coup, quand on pense à en faire du feu pour sa cabane. Allez Marcel, un gros comme ça il a aussi charge de famille ! Viens tî donc, je te suis "

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  4. Il venait de rentrer du Canada, lorsque nous nous sommes revus. Il portait une belle veste à carreaux, très confortable et je lui disais, en me moquant de lui, qu'il ressemblait à un trappeur avec sa barbe et ses cheveux un peu longs. Il avait gardé un peu de temps pour visiter le pays et lorsqu'il se mit à évoquer les paysages grandioses, les lacs, les forêts, ses souvenirs devenaient les miens tellement était grande sa force d'évocation. L'été indien, une vraie merveille, des couleurs jamais vues, tellement intenses, il faudrait inventer de nouveaux adjectifs pour rendre la splendeur et la somptuosité des paysages, cette luxuriance de teintes variant à l'infini dans les feuillages des érables aux troncs argentés, le mystère des petits lacs sombres au détour d'un bois de bouleaux dont les feuilles tremblaient au moindre souffle, le regard placide d'un caribou aux grandes cornes, les digues des castors. Il parlait avec un enthousiasme communicatif et à travers ses mots, qu'il soulignait de ses mains longues et fines, je faisais le voyage.
    Je le connaissais assez pour savoir que pour lui chaque chose confluait dans la création artistique et je savais que tout ce qu'il avait découvert et aimé au Canada apparaîtrait un jour sur une scène de théâtre dans les décors qu'il réaliserait et que la critique louerait encore une fois leur beauté et leur originalité. Je me sentais privilégiée d'avoir eu la primeur de son récit et j'attendais, confiante, de voir la suite, sur une scène. Il me semblait entendre déjà les applaudissements du public.
    Janine

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