20.7.17

Un coup de théâtre

Un peu de théâtre 


Ce masque de carnaval peut vous inspirer un texte. Mais si vous en avez un autre en mémoire...
Emparez vous de cette piste d'écriture et passez de l'autre côté du miroir. Créez une histoire de clown, de carnaval, de théâtre. Cachez vous derrière un personnage ... et écrivez une histoire drôle, absurde ....
Si vous n'arrivez pas à mettre votre œuvre en ligne, envoyez les à 
plumesdicietdailleurs.blogspot.it 
Vous pouvez toujours poster sur tous les défis ! 

A vos plumes et place aux masques ! 

Une plume ! 

9 commentaires:

  1. Milles vies en une
    Au théâtre, au carnaval, en anthropologie, c’est le masque qui dit la Vérité, m’avait affirmé un ami, metteur en scène de théâtre. Quelle Vérité alors ? celle de notre inconscient , de nos pulsions secrètes, de nos désirs profonds, des hasards de rencontres.
    EN 201. , je me trouvais à Venise au moment du Carnaval, pour une réunion scientifique, logée dans un palais chez des hôtes vénitiens, que d’ailleurs le carnaval indisposait par l’afflux de monde, le bruit et la sensation d’être envahis dans leur espace intime.
    Je me sentis curieuse de l’ambiance et voulus partir au hasard dans les rues , pénétrer des lieux où je ne me fus d’ordinaire pas autorisée à me glisser vêtue de mon identité sociale habituelle et étrangère de surcroît.
    Mon amie me prêta une bauta blanche, une cape noire dite (tabarro, elle me protégerait du vent du froid et de la pluie, elle m’inscrivait dans les traditions des porteurs de toge de l’antiquité étrusque ou romains, elle masquait toute origine sociale bien qu’un regard attentif eût pu déceler à travers les crochets en argent , le col d’astrakan et la qualité de la doublure l’origine aristocratique de sa propriétaire, détails qui sans doute me mermirent l’accès à une fête de palais. Pourvu du domino ou capuche qui permettait aux femmes de se rendre à leur rendez vous secrets à travers les ponts et calli sans être reconnues, elle y ajouta un tricorne blanc.

    Ainsi parée du parfait costume de routarde pour le carnaval, je me jetai dans la ville en effervescence. Je pus être être homme ou femme, et tantôt l’un tantôt l’autre, on me parla en dialecte, je répondis par geste ou m’associa à l’hilarité. Dans un palais éclairé de tous ses lustres où se tenait un bal , je pris une coupe de champagne, je dansai, on m’enlaça, m’embrassa, je repartis dans la ville discrètement. Je vécus mille vie en une l’espace d’une nuit , Venise pour l’éternité et l’éternel d’un carnaval…
    Martine

    RépondreSupprimer
  2. Un masque, un beau masque rapporté en cadeau d'Indonesie, brun avec des yeux cernés de rouge et le nez pointu. Mais elle déteste les déguisements, se cacher, faire faux. Une impulsion la pousse à placer le masque sur son visage. Il est trop petit et lui serre les tempes. Elle murmure une injure et sa voix résonne de manière différente. Elle essaie de nouveau, se lance dans une déclaration. Je m'appelle Catherine, je travaillées tant que professeur d'anglais au lycée. Elle écoute cette voix plus rauque, plus sourde et plus sensuelle que la sienne. Elle éloigne le masque de ses yeux et tente d parler de loin. Elle retrouve sa voix. Elle sort alors un texte de sa bibliothèque et déclame plusieurs tirades. Elle se découvre masquée avec une voix chaude. Finalement elle y prends goût s'installe dans un fauteuil avec un texte classique et ledit en dégustant chaque mot. C'est étrange et relaxant. Elle parle à un autre rythme elle entend une autre voix qui sort pourtant de sa gorge mais mue sur les parois de bois.
    Elle s'habitue à l'exercice s'entraîne chaque jour et commence à écrire des scènes pour le masque. Son mari la surprend un jour à l'exercice. "Je me demandais qui parlait. Je suis venu voir si quelqu'un etait entre." Il prend place dans le canapé. " et les mots c'est de toi ? Je peux rester ?" Elle accepte qu'il soit son premier public. Il,écoute et applaudit à la fin. Rien de plus. A la fin de l'année elle propose de jouer masquée. On lui demande, en anglais, toute seule ? Depuis elle a franchi le cap des 100 représentations et demain elle passe à la télé locale.

    RépondreSupprimer
  3. Je suis l'homme en noir, témoin d'un âge où la mort courait les rues. Si mon aspect est effrayant mon costume avait son utilité, il servait à me protéger. C'est un médecin français qui en a eu l'idée. Charles de Lorme, témoin de l'épidémie de peste qui sévit à Venise en 1630. Grande tunique noire ou manteau noir, parfois en toile cirée, chapeau noir à larges bords, des gants. Mais c'est le masque qui me caractérise, en forme de long bec. Important ce long bec. On pouvait y mettre des essences aromatiques, lavande, menthe, thym, clous de girofle, camphre et une éponge imbibée de vinaigre, car il servait de filtre contre les mauvaises odeurs, les miasmes, la contagion. Un bâton complète mon équipement, pour maintenir une distance de sécurité avec les malades, il permettait à l'époque d'écarter leurs vêtements sans avoir à les toucher. Vous m'avez reconnu, je suis le Médecin de la Peste.Si je suis maintenant un personnage classique du carnaval, mélangeant la souffrance à la joie, c'est sans doute que l'on m'attribue une fonction apotropaȉque. Je n'effraie personne mais si nous nous croisons au détour d'une calle ou sous un portego, vous aurez du mal à contenir un mouvement de frayeur, voire un cri ! Et puis nous éclaterons d'un rire libératoire. C'est cela le Carnaval.
    Janine

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. L'ambiguïté est bien traduite. Merci c'est réussi

      Supprimer

  4. Je regarde l’homme assis en face de moi, il lit tranquillement son journal mais, je ne sais comment l'expliquer, je ressens une sorte de malaise. Lorsqu’il tourne les pages il fait bien attention à les garder toutes parfaitement alignées les unes sur les autres, repliant avec soin la feuille de gauche derrière les autres. Puis il lisse méticuleusement la pliure, une fois, deux fois, trois fois. Pas une page ne dépasse des autres, on dirait que le journal n’en a qu’une ! Ce type doit être vraiment très maniaque.
    Sa tête. Il a une drôle de tête. Disproportionnée. Pourtant il n'a pas l'air d'un géant. Costaud mais pas très grand.
    C'est la forme du visage qui m'intrigue. Très long, s'élargissant au niveau des yeux et des pommettes qui saillent vers l’extérieur. Le front très large s’aplatit vers le haut, le bas du visage s’allonge et finit en pointe. Le visage forme un triangle avec au milieu un grand nez busqué, la bouche, juste une fente. Cette forme étrange me rappelle quelque chose.
    L'homme a dû sentir que je l'observe, il lève les yeux. Un regard vide.
    Un masque. Ce visage me rapelle un masque.Venu de loin, un mot me vient à l’esprit : «mamuthone». Evidemment ! C'est le masque d'un mamuthone. L’homme est sûrement Sarde. Peut-être de la Barbagia, la région des bergers, des troupeaux, des moutons, des mamuthones, justement.
    Alors je le vis… le masque de bois, noir et luisant, coiffé du béret sarde avec par-dessus le fichu noué sous le cou comme une vieille femme. Couvert de peaux de chèvres noires, un plastron de clarines sur la poitrine, et sur le dos trente kilos de sonnailles, il défile avec ses douze compagnons, marchant en silence sur un rythme saccadé, très lent à cause du poids des campanes qui sonnent à l’unisson. A un signal ils sautent trois fois sur eux-mêmes et le son de toutes ces sonnailles est lugubre et le rythme presque hipnotique. On dirait une danse rituelle, austère et tragique, inquiétante et mystérieuse.
    Mon regard se pose sur les mains de l’homme. Robustes. Je le vois bien en train de fendre des bûches avec précision, tant que j’y suis je l’imagine en train d’égorger un mouton, de le dépecer et de lui ouvrir le crâne d’un seul coup. Peut-être même, suivant une antique tradition, va-t-il manger cru un morceau du foie de l’animal !
    Il semble très calme, comme rassemblé en lui-même. Mais ce calme n'est peut- être qu’apparent. Je suis sûre qu’en réalité il est impulsif, qu’il sent mon regard sur lui et qu’il se contient.
    Plusieurs mois se sont écoulés et un soir aux infos, sur l'écran de télé, j'ai reconnu l'homme du train, le masque de mamuthone. Il avait fendu le crâne de sa femme d’un coup de hâchoir.
    Aux enquêteurs qui l’interrogèrent il expliqua calmement, qu'en entrant dans la cuisine il avait trouvé sa femme en train d'éplucher des pommes de terre... sur son journal. Sur l’évier traînait le hâchoir. Il avait frappé. Un seul coup, d’une incroyable précision.

    Janine

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Et bien quelle évocation de la Sardaigne et de cette tradition ! merci

      Supprimer
  5. UNE HISTOIRE DE CARNAVAL

    Inoubliable Carnaval de Rio ! On a raison de dire que ce n’est pas un spectacle, c’est une transe collective ! Nous étions allés au défilé du samedi soir des « scolas de samba », les groupes musicaux des différentes favelas qui passent l’année entière à préparer les costumes, les danses, la musique...Et ce n’est pas une mince affaire, chaque groupe est formé de milliers de personnages de toute sorte : il y a les musiciens avec leurs instruments typiques, les vieilles « mammas » dans leurs costumes d’apparat, les « vedettes » quasi nues se pavanant toutes couvertes de plumes et de strass, les chars chamarrés retraçant des pages d’histoire du Brésil…Chaque « scola » défile sur un thème donné, et le public reprend le refrain à pleine voix : au début on n’y croit pas, et puis l’ambiance électrique vous attrape comme un tourbillon et on finit par connaître les paroles par cœur, on saute et on se trémousse sur les gradins, comme ensorcelés ! Le passage dure des heures, alors, comme il y a bien une douzaine de groupes, ça commence au coucher du soleil et ça se termine presque à midi le lendemain matin. On nous avait bien dit de faire attention aux pickpockets, d’y aller dans le plus simple accoutrement et de nous méfier de tout : rien à faire, au bout d’un moment le refrain de la scola, repris en chœur comme un mantra, nous avait fait devenir « cariocas », des habitués des lieux ! Un moment magique de pur éblouissement….Pourtant, en fouillant dans ces souvenirs plusieurs années plus tard, je ne peux pas m’empêcher de penser à la fameuse chanson du film « Orfeu negro », sur un poème de Vinicius de Moraes : « La tristesse n’a pas de fin …..le bonheur, oui … les gens travaillent toute l’année pour un moment de rêve….et le Mardi Gras tout s’achève…. ».
    Yvonne

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est très intéressant, très visuel et le phénomène d'intégration est bien décrit

      Supprimer