22.7.17

Une lettre

 Boite aux lettres en Lettonie photo O.Zeller 

Dans la boite aux lettres,  vous trouvez une lettre ... elle rappelle des souvenirs, le passé et constitue une surprise.... Écrivez  ce courrier ou votre réponse.

Bonne écriture
A demain

Les plumes

8 commentaires:

  1. Chere Marie Pia,
    Tu vas certainement t'etonner de recevoir cette lettre après des années de silence. Comme tu peux l'imaginer après mon départ de la section criminelle pour la province. Ensuite ma carrière a continué et je suis finalement devenue commissaire principale. En Bretagne, à Brest piur être précisé. Oui moi la bretonne suis entrée eu port.
    Mais j'ai aussi suivi ton parcours , bravo, les œuvres d'art et les enquêtes sur leur disparition. J'ai lu quelques unes de tes enquêtes couronnées de succès dans les journaux...
    Et maintenant Rome où tu as la chance de voir tellement d'art et de musées
    As tu là-bas aussi l'occasion d'exercer tes talents. Rome cela fait rêver ... si j'osais ... lors d'un long week-end où je séjournerai dans la ville éternelle. Nous pourrions peut être nous revoir et bavarder ?
    Cela me ferait évidemment très plaisir, après nos fou rires quand nous décompressions a la fin d'une enquête.
    Avec toutes mes amitiés
    Stéphanie

    Marie Pia repose la lettre. Encore une "amie". Elle trouve en PS l'adresse, le mail, bref tout pour répondre. Elle a un sourire crispé. Stéphanie, une amie ... quinze ans sans la moindre nouvelle, des vœux de nouvelle année sans aucune réponse.... une perfectionniste stressante .... elle vous mettait toujours la pression. Elle répondrait plus tard ... spécialisée dans ? Une ressource ? A voir !

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  2. «Tiens, Roger, c'est une lettre de Ruth. Rien que pour toi. C'est bizarre non? Qu'est-ce qu'elle peut bien te vouloir ?» Connaissant le personnage on pouvait s'attendre à tout. Une gentille bonne femme, Ruth. Très originale, bordélique et toujours à côté de la plaque.
    Roger ouvrit la lettre et resta sans voix devant une carte, très jolie, illustrée par la photo d'un arbre. A travers les branches de l'arbre filtrait une très belle lumière. On pouvait lire, en haut "Sincères condoléances" et sous la photo "Au-delà de la vie, une nouvelle existence auprès de Dieu". Une blague ? Non, Ruth ne se serait pas permis. D'ailleurs elle semblait sincèrement attristée.
    "Cher pauvre Roger and family
    C'est un coup de téléphon de Virginie qui m'aprend le deuil qui vous ateint. Il me touche également, Andrée était si gentille, la maîtresse bien aimée, avec les qualités du coeur un grand sense d'humeur. Tu avait pour tes enfants la meilleure des grand-mères ! Accepte sincerely mon condoléance et que je partage ton peine. Ruth (Pas Smith mais BENSON, maintenan j'ai remarié)"
    Or veuf, Roger ne l'était pas. Sa femme était encore là et bien là. D'ailleurs elle était en train de s'attaquer à un faisan, butin de sa dernière partie de chasse. «Dis-donc, tu te portes plutôt bien pour une morte ! T'es déjà de retour ? C'était comment là-bas? T'as rencontré des connaissances ? Et saint Pierre, il est sympa ?» «Mais qu'est-ce que tu racontes! T'es devenu fou ou quoi? T'aurais pas un peu forcé sur le Pineau des Charentes ?» «Moi non, mais Ruth, sûrement ! Tiens, lis, mais assieds-toi d'abord». Elle lut la lettre et, le premier moment de stupeur passé, la fausse morte éclata de rire. «C'est bien d'elle ! Venant de Ruth rien ne m'étonne. Mais d'où elle a sorti que j'étais morte ? En tout cas, sympa comme éloge funèbre.» Elle décida de répondre à son amie anglaise.
    "Hello, my dear...
    Passé le choc initial, nous avons bien ri de la méprise... Mais le choc le plus grand c'est toi qui va l'avoir en recevant de mes nouvelles... de l'au-delà ! J'avoue que c'est très beau ! Je suis entourée d'une belle lumière rose, je me déplace sur un très joli nuage rose, very comfortable, accompagnée par de très coquins petits anges aux aile .roses. Je tire avec malice la barbe rose de saint Pierre (on en profite pour échanger quelques bonnes blagues). Quant à Dieu, n'en parlons pas, tout auréolé de paillettes roses, il est craquant au possible ! Voir la vie en rose ! C'était mon rêve ! Le plus dur va être de redescendre sur terre. Ça va me faire un choc ! Ce que j'ai le plus apprécié c'est d'avoir une si belle oraison funèbre... de mon vivant ! Vraiment je te dis merci, mais heureusement que j'ai le sens de l'humour...! J'espère que tout va bien pour toi et ta famille dans une nouvelle région. Virginie a dû confondre avec Annie P. qui elle, vient de décéder. Roger, le veuf "éploré", se joint à moi pour t'embrasser bien fort. Andrée
    "Dear Andrée, Roger & family,
    Words fail me... J'ai lu ton lettre mais j'ai pensé c'était Roger qui m'écrire. A la fin j'ai me demandé mais pourquoi il a signé ton nom. Le pauvre il souffre, il a perdu la tête un peu... C'était encore un choc jusque j'ai tourné la page avec «Virginie a du confondre etc...»
    I am so sorry, Andrée, vraimen je suis désolée, c'est bien tu a un bon sense de humeur !
    Mais seriously Virginie a dit c'était son voisine qui a dit. Elle était boulversé.
    Ma vie ç'est mieux maintenan, région nouvelle, mari nouveau. Comme le vin. C'est l'époque, non ? Pardon encore pour mon mistake, Ruth"


    ​Janine

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    1. Un très beau texte avec ce style et cette langue ! C'est une magnifique piste d'écriture ! Bravo Janine !

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  3. " Mon amour,

    J'aurais mis presque 20 ans pour t'envoyer cette lettre. Pas pour l'écrire mais simplement pour avoir le courage de la poster. J'étais jeune, je ne savais pas que ce que je ressentais alors pour toi s'appelait l'amour. Le vrai. l'absolu. Celui qui efface tout sur son passage. Tout sauf l'être aimé. Toi.
    Chaque jour, je t'ai pensée, chaque jour je t'ai espérée. Chaque jour j'ai prié pour oser et le temps a passé. Les rides ont remplacé mon insouciance mais mon amour est resté intact.
    Rien ne s'est passé pendant ces 20 années. Je les ai traversées dans le vide de ton absence, rongé par mes regrets. Je ne prétends pas rattraper le temps perdu mais conserve l'espoir fou que tout reste possible. Mon amour..."

    Elle plia la lettre avant de la serrer contre son coeur, ne pouvant ravaler ses larmes. Aurait-elle le courage de tout quitter, 20 ans après ?

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    1. Une très belle lettre d'amour ! Bravo et merci

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  4. “Croyais-tu vraiment pouvoir filer à l'anglaise, sans me prévenir, moi ? Tu sais bien qu'il y a des liens plus forts que la distance et le temps, et même plus forts que la raison. Marìa Dolors a été la messagère. Il a fallu qu'elle vienne en Italie, qu'elle soit bloquée à Rome par une grève de la tour de contrôle, qu'elle tombe sur une employée qui l'informe des visites guidées dans les ruines d'Ostia Antica (crois-moi ce n'est pas si facile) et enfin... que je sois de service ce jour-là.
    Assise sur les gradins du théâtre romain inondé de soleil, dans un décor de rêve que tu aurais aimé, avec des colonnes de marbre et des chapiteaux corinthiens, des pins parasols, des lauriers roses et le chant des cigales en bruit de fond, j'ai appris que tu étais gravement malade.
    Depuis tu es constamment dans ma tête, devant mes yeux et les souvenirs arrivent par vagues et se bousculent. Des trucs idiots parfois comme le soir où nous avons fait courir à nos trousses le vieux sereno, dans les rues du Barrio Gotico. Il y a eu les manifs contre Franco où je t'accompagnais. Les chansons de Joan Baez et d'Eva Demarczic que nous écoutions ensemble. Un jour je suis passée à travers une chaise en osier sur laquelle tu m'avais fait grimper pour créer sur moi un costume de théâtre. Un soir tu a dessiné avec des feutres de couleur des motifs Liberty sur mon collant. Je portais une mini robe achetée à Londres et la stupéfaction des gens sur la rambla nous avait fait rire aux larmes. A l'époque les bas fleuris n'existaient pas et les robes couvraient les genoux !
    Et toi ? Je me demande si tu te souviens seulement de moi. Peut-être as-tu le souvenir d'une fille un peu folle qui t'admirait aveuglément et qui a toujours eu une foi immense en ton talent aujourd'hui reconnu.
    Je voudrais encore te dire que la vie est un grand fleuve qui s'écoule sans fin, mais tu le sais déjà depuis le temps que tu navigues dans les espaces infinis de la création.
    Vais-je enfin oser te dire, sans craindre que tu te mettes à rire, que je t'ai toujours aimé et que je t'aimerai jusqu'à mon dernier souffle ?
    Voilà, je m'en vais sur la pointe des pieds, je te laisse te reposer, tu fermes les yeux et je dépose doucement, tendrement deux baisers légers et frais comme la brise qui vient de la mer...”

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  5. Ma chère Mahaut,
    Ta lettre dit ton indignation et une intense impression d’injustice et n’a pas manqué de me surprendre et de me communiquer un sentiment d’incompréhension et également d’affliction.
    Selon toi , j’aurais fait exprès de te faire naître à la fin du mois de juillet pour des raisons pratiques, pour ne pas être embêtée avec mon cabinet libéral et , à cause de cela, chaque année, tes amis qui sont en vacances oublient ton anniversaire, ne regardent plus leur facebook, tes parents sont pris par leur problèmes à résoudre, professionnels et personnels avant les vacances d’été, ton anniversaire n’est pas ce qu’il aurait du être et tout cela c’est parce que je suis égoïste, que je n’aime pas être dérangée et que je ne suis pas maternelle,
    J’étais triste de lire cela qui est une absence de prise en compte de la réalité et une idée que les parents sont là pour réaliser le bonheur et tous les désirs de leurs enfants hors toute contrainte.
    Car enfin, si tu es arrivée au bon moment quand l’on t’a désirée et s’il était bienvenu pour notre activité libérale où les charges sont très élevées et où il n’y a pas de revenu lors de nos interruptions que tu naisses à ce moment, c’était l’été, nous prenions plus d’un mois de vacances avec toi bébé et j’ai travaillé jusqu’au jour de ta naissance à terme et spontanée, la vie sa survenue et le moment de son occurrence, nous ne la possédons pas, nous la transmettons, elle passe par nous et nous l’ accueillons ! Je m’interroge sur cette conception où les parents sont décideurs de tout, tout puissants et devraient être voués au seul bien de leurs enfants-rois sous peine de leur causer les pires torts.. On n’a jamais eu assez de mère, ni de père d’ailleurs , qui que l’on soit mais se sentir légitime à une telle exigence n’est-il pas paradoxal ?
    Pour ma part , je suis heureuse que tu fasses les études qui te plaisent , les mêmes que les nôtres d’ailleurs, qui te permettront d’être une femme comblée sur le plan matériel que professionnel ou créatif et où tu connaîtras à la fois le bonheur d’être mère et de travailler en aimant son travail et les déchirures et les reproches qui ne manquent pas non plus , mais ils sont la contrepartie de pouvoir vivre plusieurs vies riches en une.
    je t’embrasse très fort et te souhaite une belle vie et beaucoup d’anniversaires paisibles
    maman
    Martine

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    1. C'est une très belle lettre. La psychologie est très approfondie. Le lecteur a la chance d'avoir les deux points de vue. Tres structure
      Merci

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